Dans mes rêves, je les concrétise
Souvent j’ai l’impression que ma vie décolle.
Mais en fait, non.
Elle est cool, hein. Plus cool que de mettre hein après une virgule. Point.
Vois la plutôt comme un truc continu qui va dans le bon sens. Je ne crache pas sur ma vie, à peine par terre.
Je suis de plus en plus riche, de plus en plus beau, de plus en plus intelligent. Doucement.
De moins en moins sportif, de moins en moins capable de mémoriser des prénoms, des numéros ou des paroles. Dommage pour les paroles, dommage pour Seul alone.
Je rêve trop. Tu le sais ça.
Dans mes rêves je mets enceinte. Dans mes rêves, on vient me chercher.
On me tend une petite main, je la touche à peine et j’y suis.
Dans mes rêves, comme Rocé, je ne suis pas lu mais appris par cœur. Enfin, ça c’est un peu faux. Déjà être lu et le mériter c’est bien, c’est ce qu’il faut viser.
Dans mes rêves je peux respirer à pleine capacité. A 100%. Je peux sentir un gros volume d’air qui se loge dans tous les coins de poumons sains.
C’est peut être ça d’ailleurs être prêt à mourir. C’est être blasé de toujours respirer à fond.
Dans mes rêves, je les concrétise.
Je fais les choses,
je m’arrange.
Je suis le mec qu’on appelle Mystik, Mystikamente,
Viens, il y a de la chaleur ici, c’est mucha caliente….
Note : le pire serait que tu penses que je vais mal, que c’est moi et que je rêve souvent. Des bisous sinon.
La merditude des choses
La merditude des choses est telle qu’aucune prose, si faible soit-elle, ne parvient à se tailler un chemin à travers ce corps que j’aimerais, au moins, voir recouvert d’ecchymoses.
Des bleus peu douloureux, il ne s’agirait pas de se mentir, si on fait un tête la douleur me marave.
Je me crois lorsque je leur dis que je n’hésiterai pas à me trancher le poignet s’il le fallait, je me crois moins lorsque je vois ces mecs se faire balayer pour une sacoche sur le quai du D. Non, je ne resterai pas debout, surtout pas moi. Je mangerai le sol, avec grâce, évidemment.
J’ai vu tout ça à la télé, hein. En vrai il ne m’arrive rien.
Je suis le témoin de vos maux même si je retrouve finalement les miens, enfin.
Pas que ça m’ait manqué, pas vraiment. Non, j’étais bien. Vraiment.
Mais voilà, des ecchymoses j’allais en laisser, peut-être et je ne peux le souffrir.
On y est.
Je sens la bière et ma tête pue l’amertume du recul qui s’opère. Je marche, je cours aussi un peu. Et je n’ai de cesse que de rouler.
Du mouvement pour y foncer dans cette période de Strobbe, celle où tout va mal. C’est comme à la cantine, on a souvent les meilleures entrées en même temps. L’artichaut farci vient toujours avec le maquereau, la salade de pâtes et le cake au poisson. Et après ? Après on se tape les tomates d’hiver, le concombre et la macédoine.
Je ne te parle même pas des desserts, c’est trop typique. Crème brûlée, flan et pot au chocolat. Et puis far, mousse litchi et beignet.
Le film est bien. Une belle adaptation, sans doute, d’un roman autobiographique qui donne envie de boire et de ne pas faire d’enfants. Parfait.
Elle aussi elle est bien. D’où l’ultra-nasitude.
Cara, c’est pour toi.
