AlgoRythmiK : l’interview

Ca fait des semaines que ça traine, des semaines que je ne prends pas le temps qu’il faut pour publier. Mais aujourd’hui, c’est une sacrée journée. J’ai le sourire, la motive d’attaquer mon backlog de lessive, l’impression de me comprendre et un tas d’autres trucs cools. Tout ceci vient à point pour t’offrir une interview d’AlgoRythmiK. Hé ouais mec, une interview.

J’avais envie de faire mieux, de commencer par une critique de leur album. Tu te souviens toi lecteur assidu, je te l’avais introduit cet été cet album. Mais il faut être honnête, parler d’un album c’est dur et je crois que ce n’est pas vraiment mon truc.
Alors voilà le deal : je te colle en dessous les titres, que tu pourras télécharger gratuitement et légalement sur Jamendo.

Et maintenant, puisque tu as été assez curieux pour appuyer sur play, je te dis ce que j’en pense en vrac. Et tous les deux, on fait comme si c’était une chronique de disque. On en parle ni à Tsugi, ni aux inrocks et tout le monde sera content. Et si toi tu te sens inspiré pour en parler, tu as leur bénédiction. Ce groupe est joie de vivre mais ça, si t’as commencé à écouter, tu le sais.

Leur premier maxi maxi ou mini album est vraiment intéressant. Il redore l’image de marque du didjeridoo sur Arborijazz et ce n’était pas gagné ça. Il nous emmène en polynésie au travers de quelques voix (Hammer’s Break, Cantina) sorte de world music dansante et sur laquelle tu peux bouger le bras en l’air. Le tube c’est Andrew’s Break mix parfait entre Caravan Palace et Chinese Man. Ouais ouais ouais, je pèse mes mots (j’espère que t’en parleras ni à Tsugi ni aux inrocks, comme on a dit hein, parce que bon, je suis peut être un peu sous le charme et tu sais ce que c’est, on a tendance à s’emballer parfois). L’ensemble s’écoute tout seul d’une traite. Je regrette juste un peu trop de wa wa wa (aidez-moi à nommer ça) parfois (comme à 2 :15 sur Muppet Chaud).

Et maintenant, place à l’interview. Ils ont pensé te piéger en glissant des bêtises dans les réponses. Mais toi, lecteur, mon beau lecteur, tu n’es pas dupe.

Bon alors les mecs, on va y aller mollo, c’est ma première.
Je suppose qu’en général les gens aiment savoir qui on interview, machin. Alors on va faire ça façon caramail : asv s’il vous plait ?

RoK : 25/15*15/Lyon mais t’inquiète pas ça fait toujours ça la première fois.

Larry Coon : 26/28/Lyon.

Djohn : 27/8/Lyon.

Donc vous êtes à vous trois AlgoRythmiK et personne ne se demande pourquoi vous avez choisi cette orthographe. On sait bien que c’est pour jouer sur la fin de vague tectonik. On aurait pu aussi vous demander qu’est ce que vient faire ici ce terme de mathématicien ou de programmateur mais nul doute que la réponse sera mythonée. Vous les artistes, vous nous faites toujours croire à des concepts fumeux.
Par contre, on aimerait savoir comment vous vous êtes rencontrés et depuis quand vous faites de la musique ensemble. Si au passage certains veulent mettre en avant leur passé solo, allez-y, ici on ne crachera jamais sur l’ego.

Larry Coon : On s’est croisé pour la première fois à un concert de Chantal Goya. Les voyants comme moi hystériques à chaque fin de morceau, je me suis précipité vers eux et notre amitié débuta lors de la deuxième farandole du live.

Djohn : On s’est revu dans les loges de Gilbert Montagné. Ce fut la révélation, il fallait qu’on fasse du son ensemble.

RoK: Larry Coon et moi on se connait depuis le collège fou fou fou. On a fait du boom boom chacun dans notre coin à partir du lycée. Larry coon kiffait ca MC303 et moi ma RM1-X pendant que Djohn maltraitait ses premiers disques quelque part en France. A la rencontre avec Djohn sur Lyon en mai 2009 on s’est dit après quelques bières qu’on pouvait faire un truc tout les trois et puis voila. Premières scènes assez chaotiques mais on a tenu bon et depuis janvier on a un rythme assez sérieux.

Lorsque vous composez ça se passe comment : fusion psychotropée, discussions musclées ou répartition des rôles ?

RoK : C’est un secret en fait, mais pour toi je vais le dire. Ca tiens en 2 mots : microsoft songsmith. (exemple ici : http://www.youtube.com/watch?v=3oGFogwcx-E )

Djohn : Moi je m’en fous, je viens jamais aux répètes.

Larry Coon : Pour ce qui est des instrus (sans scratch), on part souvent d’une base 100% RoK ou moi puis on passe pas mal de temps à l’arranger ensemble pour quelle nous convienne. Ensuite on l’a fait écouter à Djohn en répètes, on la remodifie et on pose les scratchs.

Parlons de ce premier album «   AlgoRythmiK show Breaks » que vous mettez à disposition sur Jamendo. Ca vous a pris combien de temps ?

RoK : Le plus dur ça a été de tout uploader en 56k. Je dirai bien deux trois ans.

Larry Coon : Quelques jours, le temps de piquer les morceaux sur différents myspace d’illustres inconnus.

Djohn : On a mis 6 mois bien tassés.

Quant à la démarche de mettre tout ça en DL gratuit sous licence Creative Common, c’est quoi ? Plutôt un esprit de gauchiste, de ninja anti hadopi, de mecs qui croient en un autre business model que celui des majors ? Ou peut être que vous en avez finalement peu à carrer de si ça perce ou pas, ce n’est pas votre gagne pain et vous voulez (vous) faire plaisir ? Et j’ai une troisième proposition : ça serait genre pour rapidement et facilement diffuser votre son, comme une ligne lancée à la mer et à laquelle un poisson pourrait mordre. Vous pouvez proposer autre chose.

Larry Coon : Moi si tu dis « Dl gratuit sous licence Creative Common », « ninja anti hadopi », je peux pas comprendre tes questions. A mon avis faut voir ça avec Djohn, il a internet chez lui je crois.

Djohn : Et bah là tu viens de m’apprendre quelque chose. Hors de question que ça reste gratuit!

RoK : L’idée était effectivement de faciliter au maximum la diffusion des morceaux. L’avantage c’est que nos potes ne culpabilisent pas quand ils téléchargent notre album.

Au jour où je prends enfin le temps de vous consacrer quelques questions que vous plus que méritez, vous en êtes à 1467 écoutes & 265 téléchargements sur Jamendo. 4000 lectures sur Myspace Satisfaits ? Moi je trouve ça cool (d’autant que la moitié provient de ma promo. Blague).

RoK : Ouais je sais j’en ai marre de changer d’IP pour faire monter les stats.

Djohn : Ah bon parce qu’en plus on a un myspace! Tu vas voir la prochaine répète. (tu peux me passer l’adresse s’il te plaît)

Larry Coon : J’avoue qu’on aime bien regarder les stats d’écoutes et de DL, ça doit être notre côté geek qui ressort. On a quelques commentaires bien encourageant et c’est surtout ça qui fait plaisir, pourvu que ça dure.

A ce propos, un certain schooljay vous traite de nouveau prodigy. D’abord, je ne vous souhaite pas leur fin de carrière ni leurs coiffures. Ensuite, ce n’est pas trop risqué de pondre des faux comptes comme ça ;-) ?

RoK : Ces salauds de Prodigy ont piqué tout nos samples. Ne me parle pas d’eux.

Larry Coon : C’est assez éprouvant de créer régulièrement de nouvelles adresses mail pour faire croire que nos pages sont vivantes, mais le plus dur est de créer de faux fans sur facebook.

Djohn : Plus sérieusement, c’est un des commentaires qui nous a fait le plus plaisir. Merci schooljay.

Page Facebook, allusions au dieu xp sur le blog myspace, liseurs de blogs, Rok et son tumblR… Geeks ? (cette question m’apportera un pulitzer)

Djohn : C’est quoi un Geek?

Larry Coon: Geekement vôtre. Oui.

RoK : On a des racines dans la geekerie effectivement. Que ce soit dans les vidéo games, la programmation ou man vs wild tout est potentiellement geekable chez nous.

Cet été, vous avez joué au festival wonegain, juste avant Chinese Man. Quel accueil vous a réservé le public gardois ?

RoK : Meilleur que celui qu’on a eu au stade de France, enfin c’est mon avis.

Djohn : Je ne peux pas te dire, je ne voyais rien avec mes lunettes.

Larry Coon : Très très bon. Faut dire qu’on a eu un bon créneau (23h30-00h). On avait a priori 300 personnes devant nous et pas mal de bras en l’air.

Comme je suis bien informé, je sais que vous avez pu rencontrer Chinese Man. Moi je les ai vus, j’étais déçu, ils ne sont pas chinois. Et vous alors, vous en avez pensé quoi ?

RoK : Tu sais c’est une culture complètement différente, ça demande du temps pour s’adapter. En tout cas merci à eux.

Larry Coon : Je ne pense pas qu’ils soient chinois, en effet.

Djohn : Pas chinois mais très sympas. En plus ils parlent français et ça ça fait plaisir.

Avec cette exclu que vous m’avez réservée (je rappelle que je passe ainsi devant Trax), j’ai à priori aussi le droit au pack pute & coke en loges du prochain concert à l’Olympia ;-)  Bon c’est cool, mais c’est bientôt ? D’autres scènes en vue ?

Djohn : Je ne peux pas te dire, je crois qu’ils veulent me virer.

Larry Coon : Vois ça avec notre manager, il s’appelle schooljay.

RoK : Rien de confirmé, mais on a été contacté pour un festival dans la région lyonnaise. Tu seras le premier au courant. On bosse aussi sur d’autres morceaux qu’on a hâte de tester en live dès que possible.

[ndlr] depuis cette interview, les choses ont bougé, AlgoRythmiK est en discussion avec un petit label. On parle peut être d’une date sur Paris. En revanche, pour l’Olympia c’était une blague hein, ne me collez pas de procès.

J’ai vu sur votre myspace des photos d’un trip de nature chamanique. Ca parlait de chalet, de bug et d’une tireuse. Apparemment de potes aussi. C’est donc la question émotion, celle où vous pouvez étaler votre amour de l’homme : c’est important pour vous l’avis de vos amis sur votre musique ou non car de toute manière ils n’ont pas de goût ?

RoK : Moi c’est surtout la nature que j’aime ; les gens ne savent pas danser comme les champs de blé dans le mistral.

Djohn : Moi perso je n’ai pas vraiment de potes.

Larry Coon : Super important. Je suis plutôt du genre relou à faire écouter toutes les nouveautés aux potes pour recueillir les feedbacks. Merci à eux de subir toutes ces écoutes. C’est très constructif. Notre pote Pad nous a particulièrement aidé sur Cantina et ses critiques sont précieuses.

Je voudrais vous demander où vous avez trouvé les sapes de la photo. Non parce que ça l’effectue. Vraiment.

RoK : T’as un problème avec mes habits?

Djohn : Grâce à une amie costumière.

Larry Coon : Oui, un grand merci à Louise pour les sapes et Malwine pour la photo :p

Enfin, un lecteur de ce blog a abordé la période un peu plus « bourrine »  celle avec des samples du journal de TF1. Alors pourquoi s’être calmé ? Amour, compo à trois, marre des danseurs ultra saouls ou sous MDMA ?

Djohn : Parce que je n’aime pas TF1.

Larry Coon : C’était des morceaux à RoK dans une époque où je ne le comprenais pas. Depuis le MDMA nous a rapproché, musicalement et intimement.

RoK : Depuis qu’on s’est rendu compte qu’on pouvait faire des boucles de plus de deux mesures, ça a été la révélation. On fait une musique lente mais dansante et finalement on trouve ça beaucoup plus intéressant et motivant à faire. Et le public accroche plus aussi.

J’ai oublié un truc, vous avez un mot de la fin, un cri de guerre ?

Larry Coon : « C’EST DJOHN AU SCRATCH !!!!!!!!!!!!!!! »

Djohn : « Est-ce que vous êtes chauds ce soir ? » (version Jacky)

RoK : suggestion : « ALLEZ! ALLEZ! ALLEZ! ALLEZ! (tout rouge et en sueur de préférence) »



Publié le 3/10/09 à 15:26