La merditude des choses

La merditude des choses est telle qu’aucune prose, si faible soit-elle, ne parvient à se tailler un chemin à travers ce corps que j’aimerais, au moins, voir recouvert d’ecchymoses.
Des bleus peu douloureux, il ne s’agirait pas de se mentir, si on fait un tête la douleur me marave.
Je me crois lorsque je leur dis que je n’hésiterai pas à me trancher le poignet s’il le fallait, je me crois moins lorsque je vois ces mecs se faire balayer pour une sacoche sur le quai du D. Non, je ne resterai pas debout, surtout pas moi. Je mangerai le sol, avec grâce, évidemment.
J’ai vu tout ça à la télé, hein. En vrai il ne m’arrive rien.
Je suis le témoin de vos maux même si je retrouve finalement les miens, enfin.
Pas que ça m’ait manqué, pas vraiment. Non, j’étais bien. Vraiment.
Mais voilà, des ecchymoses j’allais en laisser, peut-être et je ne peux le souffrir.
On y est.

Je sens la bière et ma tête pue l’amertume du recul qui s’opère. Je marche, je cours aussi un peu. Et je n’ai de cesse que de rouler.
Du mouvement pour y foncer dans cette période de Strobbe, celle où tout va mal. C’est comme à la cantine, on a souvent les meilleures entrées en même temps. L’artichaut farci vient toujours avec le maquereau, la salade de pâtes et le cake au poisson. Et après ? Après on se tape les tomates d’hiver, le concombre et la macédoine.
Je ne te parle même pas des desserts, c’est trop typique. Crème brûlée, flan et pot au chocolat. Et puis far, mousse litchi et beignet.

715042532 La merditude des choses

Le film est bien. Une belle adaptation, sans doute, d’un roman autobiographique qui donne envie de boire et de ne pas faire d’enfants. Parfait.

Elle aussi elle est bien. D’où l’ultra-nasitude.

Cara, c’est pour toi.



Publié le 26/1/10 à 0:45