Les Derniers Jours du Monde

Remonter Beaumarchais sous cette chaleur accablante et penser ne pas s’étonner si d’aventure un cadavre venait à passer sous mon regard. Un cadavre allongé, évidemment. Mort de je ne sais quoi. C’est une mise en orbite, la règle est simple, il faut vous en parler.

Les derniers jours du monde est un film de qualité. Un film sans lenteurs et immersif. Irréel et crédible. Un très bon film.

Vous y verrez Mathieu Amalric qui, je le pense, est un des meilleurs. Avec ses yeux et son physique qui ne me plait guère. Dans la ribambelle de films qu’il a, sans doute, embellis, je n’ai vu que La question humaine & Un conte de noël. C’était aussi très bien joué. Sa diction, cette manière de réciter un français élégant est énervante de séduction. Elle fait mouche, je cède.
Et que dire de son personnage ici, improbable homme qui tantôt pilote un Zoomer en prothèse de main, tantôt dirige des caresses sur des poitrines. Toujours en prothèse. Main droite en plus.
Il est talentueux c’est évident.

Et puis des femmes. Un accent, habillé d’un corps mince, bronzé et tatoué, celui d’Omahyra Mota. Belle, décadente et sulfureuse. Mais ce n’est pas elle. Ce n’est pas elle dont je ne pourrai me détacher ce soir. C’est Clothilde Helme. Un plan de quelques secondes sur ses yeux a suffit. Son jeu d’actrice que je n’ai su apprécier, ses quelques apparitions ne sont rien. Rien à côté de ses merveilles de prunelle.
Catherine Frot, impeccable. En jupe taille haute serrée, bien sûr.
Apologie des corps minces alors ? Non, Karine Viard amène quelques rondeurs harmonieuses. Apologie de la femme ? Oui mais pas que. C’est plutôt mon interprétation qui vous y pousse. Ce film est érotique, je le crois. Ou bien vois-je de l’érotique partout, c’est aussi probable. Enfin là tout de même, ils sont chauds.

Quant à ce qu’il s’y passe donc, vous savez bien que je ne m’y étendrai pas.
C’est la fin du monde ou presque entre Biarritz, le pays Basque espagnol, Toulouse et Paris. Les gens se croisent, les conséquences n’existent plus. Le monde est jeune, ils le disent. La jeunesse, c’est quand tu ne sais pas ce qui va suivre. Eux se nourrissent de l’ivresse du sans lendemain. C’est agaçant dans un sens de se rendre compte qu’il y a du bon dans ce cataclysme, pour sûr. Agaçant lorsqu’on est en train de la perdre peut être cette jeunesse. Qu’on ne l’a jamais vraiment eue peut être. Prions donc pour que ce ciel s’assombrisse et qu’on ne soit pas parmi les premiers à trépasser. Merde, je me disperse. Il fait chaud hein ?



Publié le 19/8/09 à 21:52