Les Plages d’Agnès – de l’émotion en barre
Bien bien bien, soyons francs. On ne peut pas dire que TT&B mette en péril la bande passante du serveur sur lequel il est hébergé. Le trafic est très modéré et vient à 39% de Facebook. A ce propos, quelle aubaine Facebook… C’est fou ce qu’on peut amener comme gens juste avec quelques mots et un lien en statut, comment faisait-on avant ?
Bref, tout ça pour vous dire que je vous connais VOUS lecteurs. Et que mon expérience de la motivation des troupes me pousse à croire que malgré tout le mal que je pourrais me donner à rédiger cette article je ne parviendrais pas à vous bouter dans les salles obscures pour aller voir ce qui m’a laissé l’impression d’être un pur concentré d’émotions. Parce que le souci dans cette histoire, c’est qu’on n’est pas devant une émotion à la “The visitor” ou bien “Le premier jour du reste de ta vie”, qui m’avaient respectivement presque et complètement arraché quelques larmes. On est pas dans ces films beaux mais abordables au commun des cinéphiles du dimanche, ici on donne plutôt dans le film autobiographique d’une cinéaste de 80 ans à la coupe au bol.
Attention, n’y voyez aucune sorte de sectarisme, d’anti coup au bolisme ou pire encore d’auto classification de ma belle personne en expert ciné.
Non, c’est juste que j’ai la carte illimité, qu’il n’y avait plus que du premier rang pour “Two lovers” et que la bande annonce des plages d’Agnès m’avait conquis :
Oui mais des bandes annonces perchées qui me donnent envie d’aller voir un film me laissant au final un goût de “j’ai pas aimé pourtant la presse est unanime, mince gros dilemme” j’en ai connu !
Au moins une.
C’était pour “Tokyo” et dieu que c’était chiant !
Là, c’est différent. Ce film est très touchant, on ne s’ennuie pas et à condition d’être suffisamment curieux et ouvert, on passe un sacré bon moment.
On ne change pas une formule qui (me) plait, voici le synopsis tel que je le vois :
alors en fait c’est l’histoire de la vie d’Agnès Varda. Cette dame de 80 ans a eu le genre de vie que quand t’en as une comme ça, si t’écris pas un bouquin ou que tu te laisses pas filmer, c’est pas gentil parce que ça fait de belles histoires. Jugez plutôt : elle naît en Belgique, fuit la guerre avec ses parents et arrive à Sète où elle habite sur un voilier (à 5) et apprend à remailler les filets dans le quartier de la pointe courte auquel elle reste immensément attachée. Après ça, toute la famille remonte à Paris et Agnès obtient un CAP de photographie.
Elle en vient à prendre des photos de théâtre et notamment de Jean Vilar, créateur du Festival d’Avignon, qui la missionne pour shooter le dit évènement. Ses premiers pas dans le cinéma se font directement derrière la caméra, son premier film “La pointe Courte” raconte le retour d’un habitant du quartier chez lui après quelques années. Le bougre est interprété par Philippe Noiret qui débute…
Alors ensuite, tout s’enchaine, Agnès fait partie de la “Nouvelle Vague” (qui n’est pas seulement le nom d’un groupe au public rive gauche), sorte de gang de jeunes réalisateurs Français des années bissextiles (celles vers 1960). Ce sont des BG, les plus connus sont François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette et Claude Chabrol. Ils ont le vent en poupe, tellement que Jacques Démy, sur qui Agnès a flashé et qui est l’auteur des classiques “Demoiselles de Rochefort” & “Parapluies de Cherbourg” est appelé aux USA d’Amérique à Hollywood. Oh my gosh ! Oui, important, entre temps ils se sont mariés. Bon du coup Agnès elle s’installe pépère à Los Angeles et devinez… elle méga kiffe. Il faut dire qu’elle passe ses journées à tourner des films hippies avec des femmes nues frisées et polymecs dedans. Rajoute à ça le fait qu’elle côtoie Andy Warhol & Jim Morrisson. A ce prix là, moi aussi je veux bien suivre ma moitié à LA…
Le couple d’artistes dans la vibe rentre en France, Agnès pond “Sans toi ni loi” avec Sandrine Bonnaire et pan Lion d’Or Venise 1985 (best year ever).
Puis.. Jacques tombe malade et meurt. Et depuis, Agnès elle est triste et ça se voit sans être gênant. C’est simplement beau.
Ce synopsis était bancal, je vous l’accorde. Mais j’ai vraiment envie de vous parler de ce que j’ai ressenti et il me reste peu de temps de solitude créative.
Alors voilà, j’ai pleuré. Deux fois au moins. Et encore c’est parce que j’étais fort sur la troisième montée…Je trouve qu’Agnès arrive à nous ouvrir son monde avec une facilité déconcertante. Je ne connaissais pas un brin de la vie de cette femme. Et je suis allé voir son autobiographie avec le background minimal que peut donner Wikipedia. Le résultat c’est que j’ai l’impression d’avoir passé quelques minutes dans sa peau, d’avoir, le temps d’un film, adopté ses souvenirs d’enfance.
Ce film donne envie de faire plein de trucs et ça c’est bon signe.
Il m’a donné envie de voir ces classiques français, parfois noirs et blancs, souvent Belmondo, Delon, Deneuve, Aimée.. Ces classiques qui m’ont toujours paru pénibles.
Ce film donne envie d’aller à Sète, de voir des joutes.
Ce film donne envie de vivre pour s’amuser du chemin parcouru. Pour le raconter et être encore émerveillé de ce qu’il a été.
Alors s’il vous plait, allez-y. Et pas de souci, ce film NE donne PAS envie d’avoir la coupe au bol d’Agnès. Même si en 60 ça ne lui allait pas si mal…
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